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PAYSAGES DE CARTON ET MÉMOIRE CONSTRUITE
EVA JOSPIN

L’oeuvre de Eva Jospin s’inscrit dans une exploration du paysage comme construction mentale autant que matérielle. À première vue, ses forêts sculptées semblent appartenir à une tradition classique de représentation.

Pourtant, en s’approchant, le regard découvre une matière inattendue : le carton, transformé en une structure dense et immersive. Découpé, gravé, superposé, le matériau devient un outil de précision extrême.
Chaque strate participe à une illusion de profondeur, presque picturale, où l’oeil est constamment invité à circuler. Cette accumulation produit des environnements où la frontière entre sculpture et décor disparaît progressivement.

Mais ces paysages ne sont jamais des reproductions fidèles. Ils fonctionnent comme des reconstructions mentales, des souvenirs recomposés. La forêt devient un espace intérieur autant qu’un lieu représenté
Le regard s’y perd, oscillant entre reconnaissance et abstraction.

La force du travail de Jospin réside dans cette tension constante : entre fragilité matérielle et puissance visuelle, entre simplicité du support et complexité formelle. Le carton, loin d’être dissimulé, est revendiqué.

Il devient un langage, une surface active qui porte en elle la mémoire du geste et du temps.